ACCES A LA SANTE DANS LES PAYS PAUVRES ET CRISE MONDIALE : NOUVEAUX ENJEUX, NOUVEAUX DEFIS

mercredi 24 mars 2010 à 20h30
au Centre diocésain (20 rue Mégevand) de Besançon

Cette soirée sera animée par Jean-Paul MOATTI, professeur à l'Université d'Aix-Marseille II et est organisée en collaboration avec l' APACA (Association pour la Promotion des Arts et Cultures d'Afrique) et APTAA (Association pour le Partage des Traitements Anti-sida avec l'Afrique).


Entrée Libre.


Jean-Paul MOATTI économiste de la santé, professeur à l’Université Aix-Marseille II, vice-président du Conseil Scientifique de l’INSERM, président du Comité Scientifique Sectoriel « Recherches en santé publique, sciences de l’homme et de la société » de l’Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les Hépatites (ANRS) et membre de l’Advisory Committee for Health Research (ACHR) auprès du Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il est l’auteur de nombreux articles sur l’économie de la santé dans les pays en développement, concernant notamment l’accès aux médicaments essentiels dans la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria. En 2009, il est le co-auteur avec Patrick Peretti-Watel de l’ouvrage Le Principe de prévention. Le culte de la santé et ses dérives publié dans la collection La République des Idées, aux éditions La Martinière/Le Seuil.




Depuis 2000, les politiques visant à faciliter l’accès à la santé dans les pays en développement (PED), à commencer par celles destinées à lutter contre les principales maladies infectieuses (sida, tuberculose et paludisme) ont connu un renouvellement de leurs principes et amorcé une rupture avec les approches néo-libérales, jusque là dominantes. Ces dernières reposaient sur l’idée que l’amélioration de la santé est un pré-requis indispensable à la croissance macro-économique, et non l’une de ses conséquences.

Durant sa conférence, Jean-Paul Moatti montrera que les inégalités de santé Nord-Sud induisent une réflexion sur des modes innovants de régulation nationale et internationale qui permettraient de fournir les biens publics globaux indispensables à l’amélioration du bien-être de la population des PED. Dans cette perspective, il expliquera pourquoi il soutient l’instauration de mécanismes d’assurance du risque-maladie pour financer les dépenses de santé, et considère au contraire que le principe du « recouvrement des coûts » au point de consommation est la forme la plus régressive et inégalitaire de financement des soins. Il insistera également sur les nécessaires impositions de prix différentiels et introduction de flexibilité dans les règles internationales de protection de la propriété intellectuelle pour l’accès aux médicaments dans les PED.

D’après lui, les programmes « verticaux » ciblés sur des maladies et destinés à servir ensuite de levier pour renforcer les systèmes de santé dans leur ensemble ont permis des avancées significatives dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, un des huit Objectifs du Millénaire adoptés par l’ONU avec un horizon de réalisation en 2015. Cependant, aujourd’hui la crise financière menace la poursuite des progrès accomplis dans cette perspective, notamment en matière d’accès aux traitements du VIH/SIDA. La crise financière risque par ailleurs de rendre totalement illusoire la réalisation de deux autres Objectifs du Millénaire de nature sanitaire : la réduction des mortalités maternelle et infantile.


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