KAMERUN, la guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948 - 1971)

jeudi 10 novembre 2011 à 20h
Salle Risset (grand Kursaal) à Besançon

Co-organisée avec APACA et Survie dans le cadre du festival Lumières d'Afrique cette conférence-débat sera animée par Thomas DELTOMBE, essayiste et journaliste indépendant.

Quarante ans jour pour jour après l’exécution d’Ernest Ouandié, dernier grand leader de la résistance armée kamerunaise, la guerre du Cameroun peu connue, fera l’objet d’une conférence, d’un débat, et de la projection du film "Contre censure" (25 mn) d’Alain d’Aix, d’après Main basse sur le Cameroun, de Mongo Beti (F. Maspero Editions, réédition La Découverte 2010).

Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néo coloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles.

Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres... Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d’étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l’UPC et ils montrent comment l’administration et l’armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc.

Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d’une brûlante actualité. Car c’est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République. C’est l’histoire, enfin, d’un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d’indépendance et de démocratie.



Entrée Libre.







Thomas Deltombe : essayiste et journaliste indépendant. Il a notamment écrit "L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France (1975-2005)" (La Découverte, 2005) et coordonné "Au nom du 11 septembre... Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme" (avec Didier Bigo et Laurent Bonelli, La Découverte, 2008).




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