Ari Aster et « ces merdes » qui rongent l’Amérique annoncé par Le Point – Toute l’info en continu le
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Notre monde s’effondre et Ari Aster en ricane. Mais, heureusement pour nous, son rire est communicatif. Et son quatrième long-métrage, Eddington, une comédie satirique très noire aux accents de western, nous a régalés par sa clairvoyance comme par ses outrances et sa liberté débridée.
Après nous avoir terrifiés dans ses contes d’épouvante, Hérédité et Midsommar, puis déconcertés dans sa tragicomédie freudienne, Beau Is Afraid, le réalisateur américain prodige de 38 ans signe cette fois une farce parfaite sur la fin des temps.
Une œuvre-manifeste sur l’ultime virage de l’humanité postmoderne avant sa sortie de route définitive, une apocalypse préparée par le télescopage de quatre fléaux : l’avènement des réseaux sociaux, notre enfermement dans nos bulles cognitives, la polarisation politique extrême et, cerise sur le millefeuille des névroses, le traumatisme collectif de la pandémie de Covid 19, dont le poison lent n’a pas fini d’agir.
Quand on lui demande son analyse du mal, Ari Aster nous tend son smartphone : « Ces merdes-là, auxquelles nous sommes tous accros. Tout a empiré avec ça », dit-il, avant de jeter l’engin d’un geste de dégoût sur la table basse.
Aster a écrit Eddington en plein confinement, au printemps 2020. L’intrigue est la somme de toutes les peurs observées par l’auteur : dans la bourgade imaginaire qui donne son titre au film, un shérif jaloux des libertés individuelles et un maire idéaliste ultra-narcissique s’affrontent autour de deux conceptions radicalement opposées de la politique à appliquer pour conjurer le virus – qui n’a infecté jusqu’ici personne, dans ce bled de 2 435 âmes en plein Nouveau-Mexique.
« Un cirque spectaculaire et insidieux »
L’édile, Ted Garcia (Pedro Pascal), en campagne pour sa réélection, impose le port systématique du masque, le respect strict des gestes barrières et la distanciation sociale. Le flic réac et libertarien Joe Cross (Joaquin Phoenix) refuse de se plier à ces injonctions et se présente contre le maire sortant.
Entre les deux hommes, les tensions iront crescendo, jusqu’à l’affrontement sans retour. Autour d’eux, c’est tout Eddington qui se déchire – du moins, la cinquantaine de manifestants dans la rue principale – au sujet du meurtre de George Floyd, un Afro-Américain tué à Minneapolis par un policier lors de son arrestation.
Scrutant à la loupe ce petit théâtre en surchauffe, Ari Aster, dont la misanthropie égale celle d’un Darren Aronofsky, signe ici son film à la fois le plus pop (le dernier acte singe Rambo et les codes du jeu vidéo), le plus cyniquement drôle et le plus politique. Ses trois précédents essais zoomaient sur la déglingue mentale individuelle d’êtres sacrifiés sur l’autel de leur propre autodestruction.
Mais dans Eddington, le réalisateur élargit la focale et, en digne héritier de Mark Twain, il assume un commentaire mordant qui, à travers le prisme d’une chronique locale, englobe toute l’Amérique : « Eddington est une farce, à l’image de ce que nous vivons. Les événements actuels sont effrayants, dangereux, catastrophiques… Mais ils sont aussi tellement absurdes et ridicules qu’il m’est impossible de les prendre au sérieux. C’est un cirque spectaculaire et insidieux que nous vivons en direct en permanence et qui provoque en moi une sorte de détachement assez horrible. »
On rit beaucoup sur le dos des crétins
Le film tire à la mitrailleuse sur les deux extrêmes du spectre politique : sur fond de fractures béantes, aggravées par l’isolement en 2020, les trumpistes complotistes tout comme les wokistes blancs et leur militantisme pénitent sont moqués sans ménagement.
Au Festival de Cannes, où le film fut projeté en compétition, certains ont reproché au cinéaste ce renvoi dos à dos des idéologies : « Ça ne m’intéresse pas de donner mon avis politique. Moi, je voulais surtout faire un film sur l’atmosphère générale régnant aux États-Unis, un environnement où plus personne n’est d’accord sur ce qui est réel, mais je ne voulais pas juger les personnages. »
À LIRE AUSSI « Quand un élu va-t-il être abattu ? » : le cri d’alarme des démocrates face à TrumpDans Eddington, avouons-le, on rit quand même beaucoup sur le dos des crétins. Une jeune idiote blanche traite de raciste l’un des adjoints noirs du shérif Cross parce qu’il tente de contenir les débordements des manifestants pro-Floyd.
La mère de Cross déblatère au kilomètre des théories du complot autour d’un data center voisin en cours de création. Le maire se ridiculise dans un clip de campagne viral à sa gloire sans parler du fond. Instagram et TikTok deviennent des armes de guerre entre ados, qui s’épient, se vengent et se salissent à coups de rumeurs…
Désintégration du tissu social
Bienvenue dans un asile à ciel ouvert, où planent la paranoïa et la désintégration du tissu social. « C’est ce que nos sociétés sont devenues pendant la pandémie, mais c’est pire aujourd’hui. J’ai écrit ce film dans un état de peur et d’anxiété pour le monde et mon propre pays, poursuit Ari Aster Les racines de cette ère d’hyperindividualisme remontent à presque une vingtaine d’années, mais la période du Covid, c’est le moment où le dernier lien avec l’ancienne société a été coupé. Les gens ne vivent plus qu’à travers la dimension du petit monde auquel ils croient, et le film parle de ce qui arrive lorsque ces personnes entrent en conflit les unes contre les autres. »
Le fluet Aster parle d’une voix douce, parfois à peine audible dans le brouhaha de la terrasse où nous le rencontrons, mais son propos déploie la force d’un salutaire cri de lanceur d’alerte : « Nous sommes coincés dans des boucles de réaction, dans un état de stase, tandis qu’un vrai pouvoir est à l’œuvre du côté des nouvelles technologies, qui changent le monde. C’est ce que représente le data center en construction dans le film. Quelle est la suite ? Qu’allons-nous faire de l’IA ? Nous l’ignorons, nous nous sentons impuissants, incapables d’agir. Je me sens impuissant, et le film évoque cela aussi. »
Pendant l’écriture d’Eddington, Ari Aster a sillonné le Nouveau-Mexique de long en large et rencontré des shérifs de différents comtés mais aussi des maires et autres responsables publics : « Je voulais m’imprégner de leurs visions de la politique et de son fonctionnement. » Aster et Joaquin Phoenix se sont notamment rapprochés d’un shérif local qui a directement inspiré le look et la personnalité de Joe Cross.
Humour grinçant jusqu’au malaise
La commune fictive d’Eddington est quant à elle la fusion entre Albuquerque et Truth or Consequences, petite ville de 6 000 habitants bordant le Rio Grande et qui, à la suite d’un concours en 1950, a choisi de remplacer son nom original de Hot Springs par celui d’une célèbre émission de radio. La loi du cirque, encore.
Surréalistes, cette anecdote et le look westernien du lieu ont convaincu Aster de poser ses caméras sur place pour filmer son jeu de massacre. Très influencé ici par le style des frères Coen, Ari Aster partage avec eux cette même ironie amère sur la nature humaine.
Mais, malgré un final nihiliste dont l’humour grinçant jusqu’au malaise ne plaira pas à tout le monde, le réalisateur punk aimerait entrevoir le salut : « Je cherche l’optimisme. Je sais que l’histoire du monde est une suite d’effondrements et de recommencements.
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L’élément central que nous avons perdu, au-delà d’une vision commune du réel, est notre capacité à nous réengager les uns aux côtés des autres. Il nous faut une nouvelle idée collective pour constituer une force de contre-pouvoir. » Et si Ari Aster devenait maire ?
« Eddington », western d’Ari Aster (États-Unis, 2025), 2 h 25, avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Austin Butler… En salle le 16 juillet.
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Bibliographie :
Droit international public/Les traités principaux de la société internationale depuis 1945.,Fiche de l’ouvrage.
La France noire en textes.,Présentation du livre.
Vacances à la montagne en France : été/hiver.,Référence litéraire de cet ouvrage.

